Et si les managers s’inspiraient des champions d’échecs ?

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Depuis le succès de la série Le Jeu de la dame, le nom du champion d’échecs Bobby Fischer, figure incontestée de la discipline, est revenu sur toutes les lèvres. Plongée dans l’univers de cet Américain, dont le mode de pensée peut inspirer les managers sur l’échiquier de l’entreprise.

Le joueur d'échecs américain Bobby Fischer

Le film Le Prodige consacré au champion d’échecs Bobby Fischer, sorti le 16 septembre 2015 sur les écrans, revisite les contours d’un monde disparu. Celui où un génie paranoïaque explosait les audiences des télévisions.

Bobby Fischer fait partie des joueurs qui ont inspiré le personnage principal du Jeu de la dame (The Queen’s Gambit). Comme l’héroïne de la fiction diffusée sur Netflix, il a commencé sa carrière très jeune. Comme elle, il a mis fin à l’hégémonie soviétique en devenant champion du monde. La série nous montre une Beth Harmon au jeu très agressif, qui mène ses attaques sans perdre de temps, déstabilisant ses adversaires très tôt dans la partie. Exactement comme le faisait Bobby Fischer !

Cette personnalité hors du commun s’est très jeune passionnée pour les échecs, discipline qui serait apparue en Inde, vers le Ve siècle de notre ère, pour distraire un roi. Depuis, ce jeu de position continue à aiguiser la capacité des joueurs à prendre de bonnes décisions, à anticiper les coups des adversaires, à mettre en œuvre des stratégies (et à les adapter). L’objectif : immobiliser le roi adverse, en contrôlant la partie centrale du plateau. A ce jeu-là, le génial Bobby a beaucoup à apprendre aux managers et aux entreprises. En cinq coups de maître.

Apprendre de ses défaites

La vocation du jeune Bobby naît en 1949 quand, à 6 ans, il reçoit de sa sœur un jeu d’échecs. Sensible et solitaire, le gamin de Brooklyn se passionne pour cette activité. Sur les 64 cases de l’échiquier, chaque pièce possède un déplacement qui lui est propre : Bobby comprend vite les opportunités qu’un seul mouvement peut créer. L’enfant excelle à ce jeu où il faut réfléchir avant d’agir, anticiper les coups tout en sachant s’adapter. A 10 ans, il commence à participer à des compétitions d’adultes. Face à des joueurs chevronnés, le jeune Bobby perd des parties, mais ses défaites le motivent : il travaille sans relâche et améliore son jeu. Sa mère, inquiète de sa monomanie, raconte : «Si je lui retire les pièces, il continue de jouer dans sa tête.» Fischer expliquera ses succès par cette simple phrase : «Je consacre 98% de mon énergie mentale aux échecs. Les autres en consacrent 2%.» En juin 1954, à Manhattan, il assiste aux affrontements des meilleurs joueurs soviétiques et américains. Il n’aura dès lors qu’un objectif : devenir numéro 1.

Observer ses adversaires

De tournoi en tournoi, le jeune Bobby s’affirme et sa puissance de jeu s’impose. A 14 ans, il gagne son premier titre de champion des Etats-Unis sans perdre une partie ! A 15 ans, il est consacré grand maître international, le plus jeune de l’histoire des échecs. Le titre suprême de champion du monde semble à portée de main… Mais avant, Bobby doit disputer des tournois internationaux. L’adolescent au QI de 181 quitte l’école et consacre 100% de son temps aux échecs.

Contre lui, l’implacable discipline soviétique opère : ses adversaires de l’Est n’hésitent pas à s’accorder des parties nulles pour conserver leurs forces. Pour les affronter, il apprend leur langue et dévore leur littérature sur les échecs, véritable discipline nationale au pays des Soviets. Il accumule une masse de connaissances considérables. Son but : comprendre l’adversaire pour mieux le battre. Face aux méthodes quasi-militaires des Russes, Fischer se montre fin psychologue et habile observateur. Tiré à quatre épingles, il apparaît toujours dans des costumes-cravates confectionnés sur mesure. Et prend un malin plaisir à décrypter la façon dont ses adversaires s’habillent pour évaluer leur style de jeu et anticiper ainsi sa propre stratégie !

S’engouffrer dans la faille

Agressif dans son jeu, Fischer attaque systématiquement les positions de ses compétiteurs. Il est technique et extrêmement précis, tous ses adversaires s’accordent à le dire. Il sait dénicher la faille et s’y engouffre, ne laissant à ses rivaux ni chance ni répit. Ses points forts : concentration, pragmatisme et ténacité. En 1970, tout est prêt pour son triomphe. En mars, il dispute, à 27 ans, le match URSS-Reste du monde à Belgrade. Les dix meilleurs joueurs de chaque bloc s’affrontent pendant une semaine.

Cette organisation prouve la suprématie des Soviétiques qui gagnent le tournoi d’un point. Mais Fischer reste le meilleur de son camp. Cette même année, il survole le tournoi interzonal de Palma de Majorque, écrasant avec une facilité déconcertante ses adversaires, incrédules et fascinés. Son jeu est harmonieux et implacable. Fischer gagne son billet pour affronter le tenant du titre mondial, Boris Spassky.

Se rendre imprévisible, déstabiliser

En pleine guerre froide, les deux puissances mondiales – URSS et Etats-Unis – s’affrontent dans ce que les médias vont qualifier de «match du siècle». La compétition entre Boris Spassky et Bobby Fischer a lieu en terrain neutre, à Reykjavik, en 1972. C’est un marathon qui comprend 24 parties, retransmises en direct à Times Square. Fischer n’aura de cesse de déstabiliser son adversaire par son comportement : il arrive en retard, refuse de jouer une partie car les caméras le gênent, impose de baisser les lumières, de raboter les pieds de la table… Il surprend surtout Spassky par son jeu en pratiquant des ouvertures inhabituelles. Grâce à cette stratégie et à son talent, il arrive à prendre l’ascendant psychologique et technique sur le Russe, partie après partie.

Le 3 septembre 1972, au bout de cinquante-trois jours, le génial stratège devient champion du monde des échecs, brisant l’hégémonie soviétique sur la discipline. Cette victoire va renforcer encore un peu plus la tendance de Fischer à faire sa forte tête. A plusieurs reprises, il s’oppose à sa fédération, n’hésitant pas à boycotter des compétitions lorsque le bruit, la lumière, la pression ou le risque l’incommodent. En fait, en limitant ses parties publiques et en renouvelant son jeu, Fischer se rend imprévisible. Ce sera son atout majeur : il est là où on ne l’attend pas.

Faire preuve de créativité

Bobby Fischer est également un formidable innovateur. Le champion russe Garry Kasparov louera sa capacité à faire preuve d’une inventivité sans limite, parlant d’«une avalanche de nouvelles idées» chez l’Américain. Comme cette manière inédite de jouer, le fameux Fischer Random Chess. Fischer bouleverse les règles en cours pour en proposer une variante dans laquelle l’emplacement initial des pièces de la première et de la dernière rangée des deux camps est tiré au sort. Cette façon de jouer favorise la créativité d’un joueur plutôt que sa capacité à mémoriser des coups prédéfinis. A ce jeu, le véritable stratège – celui qui est capable de s’adapter à son environnement – est gagnant.

Gagnant, Bobby Fischer ne le sera pas vraiment dans sa vie privée. Après sa victoire contre le russe Boris Spassky, le psychisme du champion implose. Devenu une star mondiale, il disparaît de la scène internationale. Quand il est contraint, en 1975, de remettre en jeu son titre face à la nouvelle vedette soviétique Anatoli Karpov, l’Américain tente d’imposer ses conditions aux organisateurs. Elles sont rejetées. Fischer abandonne son titre sans jouer. Paranoïaque, antisémite (lui-même est d’origine juive), il finit sa vie reclus. Aux prises avec ses propres démons, Fischer n’en reste pas moins le roi incontesté de sa discipline. Il meurt, invaincu, en 2008. Son livre, Mes 60 meilleures parties (Editechecs), est l’un des ouvrages sur les échecs les plus vendus au monde.

L’intégralité de cet article écrit par Anne Vermès est à retrouver sur Capital

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Le tacticomètre, outil de mesure de votre habileté à bien calculer

Résolvez 3 exercices d’échecs tirés de tournois internationaux pour progresser durablement en tactique. De difficulté progressive, mat en 2 coups en vert, mat en 3 coups en orange et mat en 4 coups en rouge, nous vous conseillons de vous concentrer pendant 5 minutes maximum sur chaque diagramme ci-dessous. Si vous ne trouvez pas une solution dans le temps maximum imparti, revenez sur cet exercice plus tard dans la journée. Enfin, comparer vos solutions avec celles qui sont données en fin d’article. Une manière efficace de progresser est de chercher par soi-même avant de découvrir la solution.

Échec et mat en 2 coups

Les Blancs jouent et matent en 2 coups

Daniel Fridman vs Ruzvelt Martsvalashvili, Batoumi, 2018

Les échecs aident à développer des compétences analytiques

A chaque partie, un joueur se retrouve face à des problèmes à résoudre et des défis à surmonter. Les échecs aident à anticiper, à ne pas se précipiter et à bien peser le pour et le contre de chaque décision. Comme dans la vie de tous les jours, où l’on essaie de prendre les meilleures décisions possibles pour obtenir des résultats positifs.

Échec et mat en 3 coups

Les Blancs jouent et matent en 3 coups

Tamir Nabaty vs Nijat Abasov, Batoumi, 2018

Les échecs apprennent à gérer la pression

C’est lors d’une partie d’échecs intense, dans laquelle on donne tout, que l’on apprend à rester calme malgré la pression. Prendre la décision critique en temps limité pour assurer la victoire nécessite une concentration totale et un calme profond, qui permet à votre cerveau de fonctionner au maximum de ses capacités. Toute notre vie, nous sommes confrontés à des dates-butoirs, à des défis difficiles, au trac des entretiens… Comme dans une partie d’échecs, il faut savoir rester confiant et calme malgré la pression pour réussir au mieux.

Échec et mat en 4 coups

Les Blancs jouent et matent en 4 coups

Ravi Haria vs Volodar Murzin, Batoumi, 2018

Les échecs favorisent la bonne santé du cerveau

Le jeu d’échecs stimule la croissance de dendrites, ces corps qui envoient des signaux aux cellules neuronales du cerveau. Avec plus de dendrites, la communication neurale dans le cerveau s’améliore et devient plus rapide. L’interaction et les activités avec d’autres personnes stimulent également la croissance de dendrites. Pratiquer régulièrement le jeu d’échecs en famille, avec des amis ou dans un club est ainsi une expérience idéale.

Les solutions des 3 exercices tactiques

Échec et mat en 2 coups : 1. Tf6+ Rxh5 2. Qf3#

Échec et mat en 3 coups : 1. Dh4+ Rxf5 2. Dg4+ Rf6 3. Dg5#

Échec et mat en 4 coups : 1. Tg4+ Rxg4 2. Dg6+ Rh4 3. g3+ Rh3 4. Dh5#

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