Les questions générales les plus fréquemment posées par nos apprenants lors des cours d’échecs en ligne Doctochess

Nos lecteurs prennent des cours avec un ou une grand-maître de notre équipe via notre offre Doctochess. Au delà de leurs interrogations personnelles, nos apprenants nous posent aussi des questions générales sur les échecs qui pourraient vous intéresser. Ainsi, nous avons regroupé ces questions qui reviennent fréquemment sur cette page pour vous aider. Doctochess vous répond !

Les questions les plus fréquemment posées par nos lecteurs (FAQ)

Pour calculer une combinaison, faut-il partir de ladite combinaison ?

L’astuce des professionnels consiste à trouver d’abord la fin probable de la combinaison et à utiliser un raisonnement pas récurrence pour revenir à la position de départ. Si la combinaison est longue, il faut déterminer une position médiane en reculant, à partir de la fin ; ensuite, en partant de la position de départ, calculer comment arriver à cette position. La combinaison, dans sa globalité, s’enchaîne alors dans l’esprit du joueur.

Les combinaisons simples, courtes et forcées peuvent être calculées à partir du départ. Mais si l’on calcule systématiquement toutes les combinaisons à partir de la position de départ, on peut se retrouver rapidement devant des centaines de lignes de jeu possibles. Dans ce cas, seuls les gros cerveaux arrivent à s’en sortir…

La maîtrise de centaines de schémas combinatoires apporte un sérieux fond de jeu au joueur.

Tout cela fait dire à certains champions que la valeur d’un joueur dépend simplement du nombre de schémas qu’il connaît. Cet argument paraît un tantinet restrictif. En effet, par sa grande expérience, un joueur peut « deviner » quel type de combinaison s’applique et « sentir » la bonne ligne sans vraiment la calculer, eh oui !

Il ne faut cependant pas abuser de cette méthodologie car le jeu d’échecs, c’est en général 90% de calcul et de stratégie et 10% de génie et non l’inverse.

Faut-il attaquer le roi adverse quand il n’y a pas de mat ou de gain matériel forcé ? Faut-il attaquer simultanément à plusieurs endroits de l’échiquier ?

Il est conseillé d’exercer une pression sur le roi adverse afin d’induire, chez l’adversaire certaines frayeurs, voire le doute. Soumis à cette pression difficile à supporter ainsi qu’au rythme de l’attaque, le défenseur ne sera pas toujours en mesure de trouver la manœuvre de libération adaptée et de fortifier correctement sa position. De plus, durant le même temps, le camp adverse ne pourra plus menacer quoi que ce soit.

Citons Znosko-Borovsky : « Plus l’attaque est importante, moins il est nécessaire de consacrer d’attention aux menaces adverses dans les secteurs secondaires de la position. » Un joueur ayant une forte initiative est moins contraint de se défendre.

Notons cependant qu’il est rare de triompher uniquement à l’aile roi ; l’adversaire dispose presque toujours d’une défense adaptée. C’est en instaurant plusieurs points de tensions, en mettant le feu à l’échiquier à plusieurs endroits que se construit la victoire. L’accumulation des fronts est susceptible d’engendrer des surcharges dans le jeu de pièces adverses et donc d’engendrer des combinaisons tactiques.

Quels sont les principaux compteurs permettant d’estimer une position aux échecs ?

Piloter son jeu revient à piloter une voiture de sport munie de plusieurs compteurs à surveiller globalement.

  • Le compteur « Sécurité du roi » reste le plus important, il le sera même dans cinquante ans !
  • Le compteur « Rayonnement des pièces » est également vital. Le jeu d’échecs est avant tout un combat de pièces. La structure de pions est un élément (plutôt) invariant et le jeu de pièces, l’élément dynamique.

Si toutes les pièces sont actives (principe de Morphy), on est mieux à même d’avoir l’initiative et de pouvoir menacer. Attention à ne pas surestimer la puissance d’une pièce qui peut parfois se révéler passive à moyen terme.

  • Le compteur « Matériel » est bien connu. Cependant, il faut tenir compte du fait que la valeur d’une pièce change en fonction de sa position. La valeur relative d’une pièce peut prédominer sur sa valeur absolue et inversement.
  • Le compteur « Affaiblissements » concerne les dégâts dans la structure de pions. Ce sont, du moins grave au plus grave, les pions doublés, pions isolés, pions pendants, pions arriérés, pions doublés et isolés.
  • Le compteur « Energie » concerne la forme du joueur. Il faut savoir doser son énergie en ne dépensant pas tout son « jus » dès le début de la partie pour garder l’énergie pour les moments critiques et le moment décisif.
  • Le compteur « Contrôle des Couleurs » met en évidence la manière dont nous contrôlons les deux couleurs de l’échiquier. Un déséquilibre entre les deux couleurs peut autoriser une infiltration adverse avec de lourdes conséquences.

Quel est le secret de « l’école russe » ?

Pendant la Première Guerre mondiale, on assiste à un engouement pour le jeu qui devient, à partir de 1924, un instrument de propagande. En URSS, e Parti communiste recrute systématiquement des échéphiles talentueux, ce qui permet de déceler les futurs champions. Les espoirs russes et soviétiques effectuent des recherches approfondies sur la technique échiquéenne au contact des joueurs confirmés, ils analysent en groupe et dissertent même à l’université. Le jeu d’échecs est apprécié par le public russe et dans l’URSS en général.

L’ex-champion du monde Botvinnik dirige une célèbre « école d’échecs » par correspondance. De plus, un vivier de jeunes surdoués pratique le jeu par correspondance. Trois centres d’entraînement réels se situent à Moscou, Saint-Pétersbourg et Riga. Les futurs champions du monde soviétiques sont issus de ces « écoles ».

Ces recherches échiquéennes remettent en question l’immuabilité des principes de Steinitz, car elles portent sur tous les styles de jeu. Ainsi en 1960, Bonstein, Tal et Geller sont des attaquants « alekhiniens ». Smyslov, Petrossian, Taïmanov et plus tard Karpov furent polyvalents, c’est-à-dire capables d’attaquer violemment ou de manœuvrer patiemment.

En conclusion, « l’école russe » en tant que telle, n’existe pas véritablement. Il existe plutôt une méthode d’entraînement « scientifique » aux échecs qui a mené certains joueurs talentueux, tels Kasparov, Kramnik, Svidler, Shirov et Khalifman, aux meilleures places mondiales.

Quel est le meilleur site pour jouer aux échecs ?

Beaucoup de sites échiquéens proposent de jouer aux échecs en ligne comme échecs & stratégie. Nous recommandons de tester les plus populaires d’entre eux : chess.com, lichess.org et chess24 et de choisir ensuite la plateforme échiquéenne qui vous convient le mieux en termes d’ergonomie.

Comment jouer en ligne aux échecs ?

Il suffit de s’inscrire sur un site et de choisir sa cadence de jeu c’est-à-dire le temps total maximum accordé à chaque joueur pour disputer une partie. Ce temps s’énonce généralement suivant deux chiffres. Le capital-temps global par joueur pour toute la partie et l’incrément alloué par coup.

Exemple, une cadence 3+2 signifie un capital temps initial de 3 minutes par joueur plus deux secondes par coup. Jouer aux échecs en ligne sur internet est très généralement gratuit. Ensuite, si vous souhaitez aller plus loin pour progresser, le site vous propose généralement des cours en vidéo suivant un abonnement mensuel ou annuel payant.

Quel site de jeu d’échecs choisir pour jouer en ligne ?

Notre préférence va clairement pour le logiciel français lichess.org totalement gratuit dont le code est open source. Cette plateforme de jeu d’échecs a été lancée par le Français Thibault Duplessis. Elle regroupe aujourd’hui une très large communauté d’informaticiens et de joueurs d’échecs de tous les pays du monde. Ce site est classé numéro 2 au monde par Alexa derrière chess.com (site commercial).

Quel est le meilleur programme d’échecs ?

Il existe plusieurs programmes commerciaux, tous utiles comme sparring-partner ou analyste, et pour la plupart vendus par Chessbase : Fritz (sans doute le plus célèbre), Rybka, Shredder, Junior, Hiarcs… Le petit dernier – et le plus fort – est Houdini, dont la version 1.5a est gratuite. Autres programmes gratuits : Crafty, Fruit, ou encore Stockfish.

Les vrais amateurs d’« engines » vous diront qu’il existe des différences de style de jeu entre les différents programmes. Junior, par exemple, est extraordinairement tactique, même pour un logiciel, et sacrifie plus facilement du matériel sur la base de principes généraux. Hiarcs avait en son temps la réputation de proposer des évaluations positionnelles plus fiables que celles de ses collègues.

Si vous préférez baser votre choix sur l’évaluation statistique, plusieurs organisations se sont données pour mission de tester les différents programmes en les faisant jouer entre eux. Les plus connus sont la SSDF – (Association suédoise des échecs sur ordinateur, https://ssdf.bosjo.net/list.htm) et le Chess Engine Grand Tournament (CEGT).

Comment utiliser mon ordinateur pour l’entraînement ?

Il y a bien des façons de s’entraîner aux échecs avec un ordinateur. Quand on s’entraîne sérieusement, le plus important est de simuler les conditions d’une vraie partie de tournoi, et pour cela il faut un adversaire ! Comme on ne dispose pas toujours d’un autre joueur de même niveau pour servir de partenaire d’entraînement, on peut se replier sur un programme.

Une technique d’entraînement très utile consiste tout simplement à jouer des parties contre la machine. En particulier, vous avez la possibilité de jouer un certain nombre de parties sur une ouverture donnée – la plupart des logiciels peuvent être programmées pour adopter une ouverture précise au besoin. Cela vous permettra de vous forger une expérience dans les positions de milieu de partie typiques de l’ouverture en question.

De la même manière, il est possible de travailler d’autres domaines bien précis, par exemple certains aspects du milieu de jeu ou de la finale. Imaginons que vous souhaitiez vous entraîner aux finales de Tours. Il vous suffit de mettre sur l’échiquier une position donnée (tirée d’une partie de grand-maître par exemple), de vous donner une heure de réflexion à la pendule et de jouer la position comme s’il s’agissait d’une partie de tournoi, en utilisant l’ordinateur comme adversaire.

Avant de commencer à s’entraîner avec l’ordinateur, il est important de bien comprendre les forces et les faiblesses des programmes. En effet, ils sont excellents dans le domaine tactique et tout simplement incroyables en défense, mais ils montrent encore des limites dans d’autres domaines, en particulier les manœuvres positionnelles à long terme. L’ordinateur ne sera donc peut-être pas le meilleur des sparring-partners pour travailler cet aspect du jeu, mais si c’est l’attaque qui vous intéresse alors il n’y a pas mieux.

Le grand-maitre Jonathan Rowson, triple champion de Grande-Bretagne et auteur de nombreux articles et ouvrages sur les techniques d’entrainement personnel aux échecs, a par exemple décrit une de ses méthodes de préparation aux tournois. Puisqu’il est essentiel de savoir calculer les variantes concrètes, et notamment pour gagner les positions « gagnantes », il s’entraînait à calculer en jouant contre l’ordinateur une position comportant un gros avantage. Puisque c’est justement dans ce domaine que la machine est la plus forte, on peut lui faire confiance pour opposer une résistance bien plus coriace que la plupart des humains, ce qui constitue donc un entraînement de premier ordre au calcul des variantes.