Alex Lanier, Victor Wembanyama, Mohamed Salah, Charles Leclerc, Lewis Hamilton, Luka Dončić, Carlos Alcaraz, Damian Penaud… De plus en plus de champions se passionnent pour les échecs. Simple loisir ou véritable outil de préparation mentale ? Pour ces sportifs de haut niveau, les 64 cases constituent aussi un terrain d’entraînement pour travailler la concentration, l’anticipation et la prise de décision sous pression. Les échecs : entraînement mental pour les sportifs de haut niveau ?
Alex Lanier, champion du monde… et joueur d’échecs à plus de 2000 Elo

Le saviez-vous ? Alex Lanier, l’une des grandes figures du badminton français, est également un passionné d’échecs – photo De Reinal / Wikimedia Commons.
À seulement 20 ans, le champion tricolore a développé en quelques années un niveau particulièrement solide sur l’échiquier, dépassant les 2000 Elo et atteignant environ 2100 Elo. Une performance remarquable pour un sportif dont la discipline principale reste le badminton.
Mais pour Alex Lanier, les échecs ne sont pas seulement une activité permettant de se détendre entre deux entraînements.
Le jeune champion voit de véritables passerelles entre les deux disciplines : tactique, réflexion, positionnement, anticipation et préparation.
Il plaisantait d’ailleurs en 2025 sur son niveau aux échecs :
« Wembanyama, je le retourne ! »
Derrière la formule amusante se cache pourtant une vraie conviction. Certaines compétences développées sur l’échiquier peuvent, selon lui, être transposées au badminton.
Un an plus tard, Alex Lanier confirmait surtout son immense potentiel sportif en devenant le plus jeune champion du monde de badminton depuis quarante-trois ans.
Wembanyama, Alcaraz, Lanier… pourquoi les champions aiment-ils les échecs ?
Alex Lanier est loin d’être un cas isolé.
Ces dernières années, de nombreux sportifs de haut niveau ont affiché leur intérêt pour le jeu d’échecs. Parmi eux figurent notamment Victor Wembanyama, Carlos Alcaraz, Damian Penaud, mais aussi des champions issus d’univers aussi différents que le basket-ball, le football, la Formule 1 ou le tennis.
Pourquoi un joueur de basket de plus de deux mètres vingt, un champion de tennis ou un spécialiste du rugby peut-il trouver un intérêt à déplacer un cavalier ou calculer une combinaison ?
Parce que les échecs permettent de travailler une dimension essentielle de la performance : le mental.
La préparation d’un sportif de haut niveau ne repose évidemment pas uniquement sur la condition physique. Elle implique également la concentration, la capacité d’analyse, la gestion des émotions et la prise de décision.
Et sur ce terrain, les échecs offrent un entraînement particulièrement exigeant.
Les échecs : entraînement mental pour sportifs ? Aux échecs comme dans le sport : anticiper avant d’agir
Sur un échiquier, chaque coup a des conséquences.
Un joueur ne peut pas simplement réfléchir à ce qu’il souhaite faire. Il doit également anticiper la réponse de son adversaire, puis imaginer les différentes suites possibles.
Cette capacité à penser plusieurs étapes à l’avance trouve naturellement des échos dans de nombreux sports.
Un joueur de tennis doit anticiper le retour de son adversaire.
Un basketteur doit lire les déplacements de la défense.
Un joueur de rugby doit identifier un espace avant même qu’il ne soit réellement ouvert.
Un badiste doit anticiper la trajectoire suivante et se positionner avant le coup adverse.
Comme l’explique le journaliste spécialisé Peter Doggers :
« Aux échecs, vous devez penser à l’avance, calculer quelques mouvements en amont et anticiper ce que votre adversaire va faire. C’est pareil dans ces sports-là. »
Bien sûr, il ne s’agit pas de prétendre que jouer aux échecs suffit à devenir meilleur dans sa discipline sportive. Mais l’échiquier permet d’entraîner certaines capacités mentales que les sportifs utilisent ensuite dans leur environnement de compétition.
Les échecs : entraînement mental pour sportifs. Concentration : apprendre à zoomer et à dézoomer
Une partie d’échecs impose en permanence de changer de perspective.
Le joueur doit être capable d’observer l’ensemble de la position : structure de pions, sécurité des rois, activité des pièces, plans stratégiques.
Mais il doit aussi savoir se concentrer soudainement sur un détail précis : une menace tactique, une pièce non protégée ou une combinaison possible.
Cette capacité à alterner entre une vision globale et une attention extrêmement précise peut également être utile dans le sport.
Un athlète doit parfois prendre en compte l’ensemble d’une situation, puis focaliser instantanément son attention sur un élément particulier.
Aux échecs, cette gymnastique mentale est permanente.
Observer l’ensemble. Identifier le détail. Revenir à la vision globale. Puis décider.
Un véritable entraînement pour l’attention.
Gérer la pression et accepter l’erreur
Les échecs présentent également une autre caractéristique intéressante pour les sportifs : ils confrontent directement le joueur à ses erreurs.
Une mauvaise décision peut changer complètement l’évaluation d’une position.
Une inattention peut faire perdre une pièce.
Un moment de précipitation peut suffire à compromettre une partie entière.
Le joueur doit alors apprendre à gérer sa frustration.
Il doit continuer à réfléchir, même après une erreur.
Il doit rester concentré, même lorsque la pression augmente.
Cette dimension rappelle naturellement la compétition sportive.
Un tennisman peut manquer une balle de match.
Un footballeur peut rater une occasion décisive.
Un joueur de badminton peut perdre plusieurs points consécutifs.
La question n’est pas seulement : comment éviter l’erreur ?
Elle est aussi : comment réagir après l’erreur ?
Sur l’échiquier comme dans le sport, la capacité à rester lucide peut faire toute la différence.
Les échecs : entraînement mental pour sportifs. Prendre son temps… puis agir au bon moment
Les échecs enseignent également une compétence fondamentale : savoir reconnaître les moments où il faut réfléchir longtemps et ceux où il faut agir.
Luka Dončić, star du basket-ball, résumait ce parallèle avec une formule particulièrement parlante :
« C’est comme jouer aux échecs, il faut prendre son temps et observer les mouvements. »
Observer avant d’agir.
Comprendre avant de décider.
Identifier les intentions de l’adversaire.
Puis saisir l’opportunité au moment où elle se présente.
Cette alternance entre patience et action est présente dans de nombreux sports de haut niveau.
Le meilleur choix n’est pas toujours le plus spectaculaire. Il peut parfois être nécessaire de consolider sa position, d’attendre ou de préparer son action.
Une idée que tout joueur d’échecs connaît bien.
Les échecs, un laboratoire de la décision
Une partie d’échecs est finalement une succession de décisions.
Faut-il attaquer ?
Doit-il défendre ?
Faut-il échanger les pièces ?
Doit-il prendre un risque ?
Faut-il conserver une position solide ?
Chaque décision doit être prise avec des informations incomplètes. Le joueur ne connaît pas le prochain coup de son adversaire.
Il doit donc évaluer les possibilités, mesurer les risques et choisir une direction.
Une situation que connaissent parfaitement les sportifs de haut niveau.
Sur le terrain, le temps de réflexion est souvent beaucoup plus court que devant un échiquier. Mais le mécanisme reste proche : observer, analyser, anticiper et décider.
C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les échecs fascinent autant les athlètes.
Les échecs : entraînement mental pour sportifs, une passion qui dépasse les frontières du sport
Victor Wembanyama, Carlos Alcaraz, Damian Penaud, Charles Leclerc, Lewis Hamilton, Alex Lanier ou encore Luka Dončić : les exemples sont nombreux.
Les disciplines sont différentes.
Les profils aussi.
Mais tous évoluent dans des environnements où la performance dépend autant de la préparation physique que de la capacité à maîtriser son mental.
Les échecs ne remplacent évidemment ni les séances d’entraînement, ni le travail technique, ni la préparation physique.
En revanche, ils peuvent constituer un formidable complément.
Un espace où l’on apprend à :
- rester concentré longtemps ;
- anticiper les intentions de l’adversaire ;
- élaborer une stratégie ;
- gérer la pression ;
- accepter l’erreur ;
- prendre des décisions ;
- alterner vision globale et attention aux détails ;
- développer patience et discipline.
Alex Lanier, symbole d’une nouvelle génération ?
Le parcours d’Alex Lanier illustre parfaitement cette rencontre entre sport et échecs.
D’un côté, un athlète de très haut niveau engagé dans une discipline où la vitesse, les réflexes et l’explosivité sont essentiels.
De l’autre, un jeu où la patience, le calcul et la réflexion occupent une place centrale.
Deux univers apparemment opposés.
Et pourtant, le champion français y voit des connexions évidentes.
Positionnement, anticipation, tactique, préparation : les mots appartiennent autant au vocabulaire du badminton qu’à celui des échecs.
Peut-être est-ce finalement là que réside l’une des grandes forces du jeu.
Les échecs ne nous apprennent pas seulement à jouer aux échecs.
Ils nous entraînent à observer une situation, comprendre ses enjeux, anticiper les conséquences de nos choix et décider sous pression.
Des compétences qui dépassent largement les 64 cases.
Les échecs : entraînement mental pour sportifs. Et si les échecs devenaient leur arme supplémentaire ?
À une époque où la préparation mentale occupe une place croissante dans le sport de haut niveau, les échecs pourraient bien continuer à séduire de nouveaux champions.
Non pas comme une recette miracle.
Mais comme un véritable terrain d’entraînement mental.
Alex Lanier en est aujourd’hui l’un des exemples les plus frappants : champion sur les courts de badminton et joueur de plus de 2000 Elo sur l’échiquier.
De quoi donner envie à de nombreux sportifs de troquer, de temps en temps, leurs chaussures, leurs raquettes ou leurs crampons contre… un cavalier et une dame.
Et vous, pensez-vous que la pratique des échecs peut améliorer les performances d’un sportif ?
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