Après une première norme à Avoine cet été, nous avons suivi son parcours au tournoi de Lisieux où il avait défait le grand maître Christian Bauer. À seulement 16 ans, Alen Poghosyan (classé à 2355 points Elo) est déjà maître FIDE d’échecs. Arrivé d’Arménie en France il y a un peu plus de deux ans et demi, le jeune joueur installé à Orléans poursuit désormais un objectif ambitieux : décrocher le titre de maître international d’ici fin 2027, avant de viser, pourquoi pas, celui de grand maître. Comment devenir maître international aux échecs ?

Alen Poghosyan en pleine partie d’échecs en studio dans nos locaux avec l’excellent animateur radio Vincent James – Photo © Radio France – Vincent James
Son parcours, commencé presque par hasard sur les bancs de l’école, illustre la détermination d’un adolescent pour qui les 64 cases sont devenues bien plus qu’un simple jeu.
À 16 ans, déjà maître FIDE
À seulement 16 ans, Alen Poghosyan possède déjà le titre de maître FIDE, une distinction décernée par la Fédération internationale des échecs aux joueurs ayant atteint un très haut niveau.

Mais le jeune Orléanais ne compte pas s’arrêter là.
« Mon objectif serait d’avoir le titre de maître international, ensuite d’avoir le titre de grand maître international. »
Une ambition clairement affichée et une trajectoire particulièrement exigeante. Car entre le titre de maître FIDE et celui de maître international, le chemin est encore long.
Pour Alen, il ne s’agit pourtant pas d’un rêve abstrait. Il s’est fixé un calendrier précis.
Comment devenir maître international avant la fin 2027
Lorsqu’on lui demande dans combien de temps il espère obtenir le titre de maître international, Alen Poghosyan répond sans hésiter :
« Fin 2027. »
Cette échéance donne une idée de la détermination du jeune joueur. Déjà titulaire du titre de maître FIDE, il veut désormais franchir une nouvelle étape dans sa progression.
Puis viendra, peut-être, l’objectif ultime : le titre de grand maître international.
Pour entendre Alen raconter lui-même son parcours, son interview diffusée sur l’antenne de ici Orléans, avec l’animateur Vincent James, permet de découvrir un jeune joueur aussi ambitieux que discret.
Les échecs, une histoire commencée à l’école en Arménie
L’histoire d’Alen avec les échecs commence très tôt.
Il découvre le jeu à l’âge de sept ans, alors qu’il vit encore en Arménie. À l’école, les échecs font alors partie de son apprentissage.
Mais son intérêt pour le jeu ne vient pas uniquement des cours.
« Je l’ai vu à l’école parce que c’était obligatoire quand j’étais en Arménie. Il y avait ma grand-mère et mon frère qui savaient jouer. Donc ils m’ont appris les règles et je me suis inscrit au club. »
Une découverte scolaire, des premières parties en famille, puis l’inscription dans un club : le parcours classique d’une passion qui prend progressivement de l’ampleur.
Les règles apprises auprès de sa grand-mère et de son frère deviennent rapidement le point de départ d’une aventure beaucoup plus ambitieuse.
Une passion qui a suivi son arrivée en France
Alen Poghosyan est arrivé en France il y a un peu plus de deux ans et demi.
Un changement important pour le jeune garçon, qui ne maîtrisait pas encore réellement la langue française.
Il possédait néanmoins quelques bases grâce à son parcours scolaire en Arménie.
« On savait lire un peu parce qu’à l’école, on faisait une heure et demie de langue française par semaine, donc je savais lire les combinaisons des voyelles, mais je ne parlais pas vraiment. »
Malgré cette difficulté, une chose ne change pas : sa passion pour les échecs.
L’échiquier devient alors une forme de langage universel. Peu importe la langue parlée autour de lui, les pièces, les cases et les combinaisons restent les mêmes.
Sur les 64 cases, chaque coup devient une décision à comprendre, à anticiper et à défendre.
Comment devenir maître international. Retenir jusqu’à quinze coups imaginés à l’avance !
Pendant l’interview, l’animateur Vincent James tente de mesurer les capacités de calcul du jeune maître FIDE.
Combien de coups peut-il envisager à l’avance ?
Alen estime pouvoir parfois calculer :
« Jusqu’à dix, quinze coups. »
Une capacité impressionnante pour le grand public, même si elle fait partie des compétences que les joueurs de haut niveau développent progressivement.
Aux échecs, il ne suffit pas de regarder le coup suivant. Il faut également imaginer les réponses possibles de l’adversaire, puis les conséquences de chaque variante.
Un pion avancé, un cavalier déplacé ou une pièce laissée sans protection peuvent modifier complètement l’évaluation d’une position.
Alen, lui, n’en fait pas une démonstration spectaculaire. Il répond calmement, avec la simplicité d’un joueur habitué à passer du temps devant l’échiquier.
Le cavalier, sa pièce préférée
Parmi toutes les pièces du jeu d’échecs, Alen Poghosyan a une préférence très nette : le cavalier.
Son choix s’explique par le caractère unique de cette pièce.
« Il n’y a pas de pièce qui peut bouger comme un cavalier. »
Le cavalier est en effet une pièce à part sur l’échiquier. Son déplacement en « L » ne ressemble à celui d’aucune autre pièce et lui permet notamment de sauter au-dessus des autres.
Cette capacité à apparaître là où on ne l’attend pas fait du cavalier une arme redoutable, capable de créer des menaces et des combinaisons surprenantes.
Un choix qui correspond assez bien au profil du jeune joueur : chercher, calculer, anticiper… et parfois surprendre.
Comment devenir maître international ? Une partie d’échecs pleine d’humour face au micro
L’interview prend rapidement la forme d’une véritable partie commentée en direct.
Face à Alen, Vincent James tente de résister. L’animateur avance ses pièces, cherche des idées et profite même de quelques prises pour célébrer sa performance.
« Je suis très fier de ma partie », lance-t-il avec humour.
Il explique lui-même ne connaître que « deux ou trois pièces », ce qui ne l’empêche pas de tenter sa chance face au jeune maître FIDE.
Alen, de son côté, reste concentré.
Puis vient ce moment incontournable dans une partie d’échecs :
« Échec. »
Une courte phrase, mais qui suffit à rappeler que le jeune joueur garde le contrôle de la position.
L’échange reste léger, drôle et accessible. Une bonne manière de découvrir le niveau d’un maître FIDE sans transformer l’interview en cours magistral.
Derrière le maître FIDE, un adolescent passionné
Le parcours d’Alen Poghosyan est aussi celui d’un adolescent qui a connu plusieurs univers en quelques années.
Les échecs appris à l’école en Arménie. Les premières parties en famille. L’inscription dans un club. Puis l’arrivée en France, avec une nouvelle langue et un nouvel environnement.
À travers tout cela, une constante : les échecs.
Aujourd’hui, à seulement 16 ans, Alen possède déjà le titre de maître FIDE et poursuit un objectif particulièrement ambitieux : devenir maître international avant la fin de l’année 2027.
Après cela, il rêve évidemment encore plus grand.
« Ensuite, avoir le titre de grand maître international. »
Son histoire rappelle qu’un grand parcours peut parfois commencer par une découverte toute simple : une partie jouée à l’école, une règle expliquée par un proche, puis un premier club.
Pour Alen Poghosyan, l’aventure continue désormais sur les 64 cases de l’échiquier.
Avec un objectif précis en tête, plusieurs coups d’avance dans ses calculs… et une affection toute particulière pour le cavalier.
À 16 ans, le jeune maître FIDE n’a probablement pas fini de faire parler de lui.
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