À quelques jours de l’élection du prochain président de la FIDE, les échecs mondiaux connaissent une véritable bataille d’influence. Trois tickets, des réseaux internationaux, des intérêts financiers considérables et une voix française très convoitée : le scrutin du 26 septembre à Samarcande pourrait redessiner la gouvernance des échecs pour les quatre prochaines années. Découvrez la guerre de pouvoir dans le monde des échecs !

Le 26 septembre 2026, les échecs mondiaux changeront peut-être de visage. À Samarcande, les fédérations membres de la FIDE voteront pour désigner le successeur d’Arkadi Dvorkovitch. Trois candidatures sont en lice, avec des profils, des réseaux et des projets très différents. La France occupe une place particulière dans cette campagne.
Les échecs ne se jouent pas uniquement derrière un échiquier.
À quelques semaines de l’élection présidentielle de la Fédération internationale des échecs, la bataille se déroule désormais sur un autre terrain : celui des fédérations nationales, des alliances internationales, des sponsors et des réseaux d’influence.
Le scrutin aura lieu le 26 septembre 2026 à Samarcande, en Ouzbékistan, dans le cadre du Congrès de la FIDE. L’organisation internationale a publié la liste des fédérations disposant du droit de vote pour cette échéance.
Guerre de pouvoir dans le monde des échecs : 3 candidatures pour diriger les échecs mondiaux
Trois tickets se présentent pour succéder à Arkadi Dvorkovitch.
Vadim Rosenstein fait équipe avec Gordon Tang, homme d’affaires singapourien très présent dans l’écosystème international des échecs.
Timur Turlov, entrepreneur kazakh et dirigeant de Freedom Holding, s’est associé à Viswanathan Anand, quintuple champion du monde et l’une des figures les plus connues de l’histoire récente du jeu.
Enfin, Jan Henric Buettner se présente avec Malcolm Pein, organisateur britannique bien connu du monde échiquéen.
La composition de ces trois équipes est révélatrice de la nature du scrutin : les candidats ne sont pas seuls. Ils s’appuient sur des personnalités capables d’apporter à la fois une connaissance du monde des échecs, des réseaux internationaux et une capacité à dialoguer avec les partenaires économiques.
Une élection où chaque fédération compte
Le fonctionnement du scrutin donne une importance particulière aux fédérations nationales.
Il ne s’agit pas d’une élection au suffrage des joueurs. Ce sont les représentants des fédérations membres disposant du droit de vote qui participeront au Congrès de la FIDE.
Cette mécanique explique pourquoi la campagne ne se résume pas à la popularité des candidats auprès des joueurs.
Un grand maître peut être mondialement connu sans disposer d’une voix supplémentaire dans le scrutin. À l’inverse, une petite fédération nationale participe au processus électoral au même titre que les autres fédérations habilitées à voter.
La campagne présidentielle est donc aussi une campagne diplomatique.
Pourquoi les sponsors sont devenus incontournables
Le développement des échecs internationaux nécessite des moyens financiers considérables.
Organiser des Olympiades, des championnats du monde, des compétitions féminines et des événements pour les jeunes suppose de disposer d’infrastructures, de partenaires commerciaux et de financements.
Cette dimension économique est devenue particulièrement visible pendant la campagne.
Un accord de sponsoring conclu en Allemagne avec une société liée à Vadim Rosenstein a ainsi suscité une contestation de la part de Timur Turlov. Ce dernier a notamment demandé des mesures concernant la candidature de Rosenstein et le droit de vote de l’Allemagne.
Le Deutscher Schachbund a contesté cette lecture des faits, expliquant notamment que ses relations commerciales avec Rosenstein étaient antérieures à sa candidature et qu’aucune disposition du contrat ne concernait le vote.
La Commission électorale de la FIDE a finalement rejeté la plainte de Turlov. Ces éléments, rapportés par Causeur, illustrent cependant la sensibilité des questions de financement dans une élection internationale.
Guerre de pouvoir dans le monde des échecs. La France se retrouve au cœur de la campagne
La campagne présente également un enjeu particulier pour les échecs français.
Le président de la Fédération française des échecs, Éloi Relange, a rejoint l’équipe de Vadim Rosenstein. La FFE a également annoncé son soutien à cette candidature, selon les informations publiées par Causeur.
Cette prise de position place donc la France dans l’un des camps de la campagne internationale.
Pour la FFE, l’enjeu est naturellement de défendre les intérêts du mouvement échiquéen français dans les instances internationales. Pour le futur président de la FIDE, disposer de relais auprès des principales fédérations européennes constitue également un élément important.
Une campagne qui dépasse largement les 64 cases
Pourquoi une élection à la tête de la FIDE suscite-t-elle autant d’attention ?
Parce que le président de la fédération internationale ne s’occupe pas uniquement du calendrier des compétitions.
La FIDE travaille avec les fédérations nationales, les organisateurs d’événements, les partenaires commerciaux et différentes institutions sportives internationales.
Elle intervient également dans le développement des échecs auprès des jeunes, la pratique féminine, l’éducation, la formation des arbitres et entraîneurs, ainsi que dans la structuration des compétitions internationales.
Le prochain président devra donc gérer une organisation mondiale dont les priorités sont multiples.
L’après-Dvorkovitch en question

Arkadi Dvorkovitch dirige la FIDE depuis 2018. Son mandat a profondément marqué l’organisation internationale.
Sa présidence s’est déroulée dans un contexte géopolitique particulièrement complexe, notamment depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
En 2026, le débat porte donc également sur la prochaine étape pour la FIDE.
Quelle place accorder aux investissements privés ?
Comment développer davantage les échecs dans les pays où ils restent peu structurés ?
Par quelles modalités financer les fédérations disposant de moyens limités ?
Comment renforcer la pratique féminine ?
Comment faire des échecs un sport encore plus visible auprès du grand public ?
Et surtout, comment accompagner l’explosion de la pratique en ligne tout en maintenant un réseau de clubs et de fédérations nationales dynamique ?
Guerre de pouvoir dans le monde des échecs : le jeu de stratégie change de dimension
L’élection de 2026 intervient dans un contexte particulier.
Les échecs connaissent depuis plusieurs années une transformation profonde. Le développement des plateformes numériques a considérablement élargi le nombre de pratiquants. Les créateurs de contenu ont fait entrer le jeu dans de nouveaux publics. Les grands événements attirent désormais des audiences qui dépassent largement le cercle traditionnel des joueurs de compétition.
Cette croissance représente une opportunité considérable pour la FIDE.
Elle pose également une question stratégique : comment transformer la popularité croissante des échecs en développement durable pour les clubs, les entraîneurs, les fédérations et les joueurs ?
C’est probablement l’un des dossiers les plus importants du prochain mandat.
Samarcande, prochain coup critique
Le 26 septembre 2026, les représentants des fédérations disposant du droit de vote se retrouveront à Samarcande pour choisir le prochain président de la FIDE. La liste officielle des fédérations habilitées à voter a été publiée dans le cadre du Congrès 2026.
Trois tickets sont en compétition : Rosenstein-Tang, Turlov-Anand et Buettner-Pein.
Au-delà des personnalités, cette élection permettra surtout de savoir quelle orientation prendra la Fédération internationale des échecs pour les prochaines années.
Une chose est certaine : la prochaine partie importante des échecs mondiaux ne se jouera pas sur un échiquier, mais autour d’une table de vote.
Et cette fois, chaque voix comptera.
Échecs & Stratégie, le site qui rassemble les passionnés du roi des jeux.
Sur Échecs & Stratégie, nous facilitons votre accès à nos cours en distanciel avec un professeur expérimenté. Ainsi, nous proposons un entretien-bilan de 30 minutes avec une grand-maître en Visio à 15€ pour évaluer votre niveau actuel. Puis, vous choisissez le type de cours souhaité, individuel ou collectif, et votre progression est sous contrôle Voir nos formules.
Enfin, pour booster votre niveau, nous proposons des livres, des packs vidéos et des cours particuliers avec une grand maître internationale.
Envie d’apprendre avec un seul livre ? Nous vous recommandons 32 raisons de se mettre aux échecs avec le témoignage d’un entrepreneur de talent.
Découvrez notre offre Penser trois coups d’avance pour les dirigeants d’entreprise.










