Tout le monde joue aux échecs

Le constat de BFM : tout le monde joue aux échecs. Comment expliquer le succès fulgurant des Échecs auprès des jeunes et des personnalités ? Sur BFM, Éloi Relange, président de la Fédération française des Échecs, analyse la popularité renouvelée et inédite des Échecs en France.

Tout le monde joue aux échecs

L'Assemblée Générale de la Fédération Française des Echecs (FFE) s'est déroulée le 16 novembre 2024 à Asnières-sur-Seine, pour procéder au renouvellement du Comité Directeur.

Tout le monde peut jouer aux échecs, et y jouer est devenu très cool. Des influenceurs populaires et chaleureux, d’énormes stars, associent leur image aux Échecs. Nous avons ces valeurs fortes d’un sport populaire associées à l’intelligence, qui ce plait beaucoup. Même les grands sportifs comme les frères Lebrun ou Victor Wembanyama y jouent, car c’est une gymnastique mentale importante pour obtenir de bonnes performances dans leur discipline.

Eloi Relange

Quel est le point commun entre l’influenceur Inoxtag, le basketteur Victor Wembanyama et l’acteur Timothée Chalamet ? Ce sont des hommes, on va y revenir, mais ce sont aussi des superstars qui parlent chacun dans leur domaine à des millions de personnes et ils jouent aux échecs.

Tout le monde joue aux échecs selon BFM

Oui, le jeu de plateau, 32 pièces sur 64 cases noires et blanches, le plus vieux jeu du monde, ses origines remontent à 2000 ans avant Jésus-Christ à peu près, et pourtant sur les réseaux, le jeu se taille la part du lion, la part du roi même, on va essayer d’expliquer ce succès et peut-être même y voir une idée d’activité pour les vacances. Pour en parler, je reçois le président de la Fédération Française d’échecs qui m’accompagne dans cet épisode.

Je suis Zachary Legros, bienvenue. Bonjour Éloi Relange, vous êtes le président de la Fédération Française d’échecs depuis avril 2021 et accessoirement, vous êtes grand maître international d’échecs depuis 98. La personne pour nous expliquer les enjeux autour de ce jeu, le but d’abord, capturer le roi adverse sur le plateau, c’est aussi simple que ça.

Exactement, c’est deux armées qui s’affrontent, les Blancs contre les Noirs, les pièces blanches contre les pièces noires. Le but du jeu est d’enfermer le roi ennemi pour qu’il n’y ait plus de solution pour s’échapper et qu’on le prenne et donc quand il ne peut plus s’échapper, c’est échec et mat, la partie est terminée. Trop facile.

Tout le monde joue aux échecs

Et longtemps, les échecs à la télévision, ça ressemblait à ça. Seul contre 33 adversaires, telle est la gageure que réalise Alekhine, le champion du monde d’échecs. Le célèbre joueur remporte 24 victoires, 5 concurrents font partie nulle, 4 autres le battent, mais il est vrai dans des circonstances assez particulières.

Tout le monde joue aux échecs

Match d’Alexandre Alekhine, 1943, joueur russe qui était alors champion du monde. Longtemps, les échecs dans les médias, ça n’a pas fait rêver. Ça n’a pas fait rêver les échecs dans les médias.

Alors, je ne suis pas d’accord. Je pense que ça a toujours eu une dose de magie. Ça passionne et ça fascine.

C’est quand même le jeu qui véhicule l’intelligence et la performance. Il y a des enjeux géopolitiques derrière, avec des grands événements historiques. Typiquement, les Russes contre les Américains avec Bobby Fischer en 1972, Karpov contre Kasparov, les Russes dissidents, l’intelligence artificielle qui est au cœur du sujet aussi.

Donc, je dirais qu’au travers de l’histoire, y compris dans les médias, les échecs ont toujours eu une part assez importante qui va au-delà du simple jeu.

Comment on se met aux échecs ?

Comment vous y êtes venu, vous ? Par mes parents qui jouaient aux échecs.

Et donc, tout petit, à l’âge de 4 ans, j’étais passionné par cette œuvre artistique, ces pièces qui se déplacent de façon différente et très intéressante. Et en tant qu’enfant, j’ai voulu participer. Donc, j’ai demandé à mes parents de jouer avec eux.

Et ensuite, ils m’ont inscrit au club et c’est parti comme ça. C’était bien vu à l’école de dire je joue aux échecs, j’ai envie de faire des échecs ? Pas forcément. C’est vrai qu’on était associé souvent à une sorte, pas d’élite intellectuelle, mais un petit peu marginale, quelqu’un qui est un peu en décalage parce que c’est tout dans la tête et rien dans le reste.

Donc, on a eu souvent cette image-là, alors que c’est tout l’inverse en réalité. Les joueurs d’échecs, c’est déjà extrêmement populaire. Tout le monde joue aux échecs et on peut jouer pour s’amuser de façon tout à fait normale.

Les joueurs d’échecs sont des gens normaux et sympathiques. Et même des gens populaires sur YouTube, par exemple. Il se défend bien la barre qui est redevenue blanche, mais elle redevient noire, elle redevient noire.

Tout le monde joue aux échecs

Mais c’est dur de jouer avec précision, avec si peu de temps, il n’y a pas beaucoup de temps. Elle redevient blanche. Oh là là, il sort le roi, plus de défense pour le roi.

Oh, échec, échec, on attaque la tour. La tour qui s’en va, mais où est-ce qu’elle s’en va ? Peut-être l’échange de tours, tour D2 pour faire le match nul ? Non, il ne veut pas. Pousse le pion.

Il n’a plus que 6 secondes, il n’a même pas le temps de réfléchir, il n’a pas le temps de réfléchir, il est déjà en train de réfléchir à son prochain coup. C’était très, très tendre. Il n’a pas le temps.

Déjà, physiquement, rien que jouer le coup, ça prend 2 secondes. Il n’a pas le temps de réfléchir, en fait. C’est des réflexes, mais elle a 20 secondes.

20 secondes aussi. Peut-être que Gertin peut l’emporter. Sale, cette fin de partie, sale ! 10 streamers qui s’affrontent aux échecs.

Tout le monde joue aux échecs
Avec ce décor immersif, on se serait cru dans un épisode de Game Of Thrones. Un silence tendu s’installe. Devant des milliers de spectateurs en direct, Inoxtag ajuste sa casquette. Il dévisage son adversaire d’un soir, Maxime Biaggi, et déplace un pion avec détermination. La partie d'échecs commence.

Inoxtag, que l’on entendait avec Julien Song, influenceur échecs, vidéo publiée en mai 2025 sur YouTube. 1 600 000 vues. C’est devenu cool, les échecs.

Les échecs, c’est très cool. Et effectivement, on comprend tout quand le commentateur est bon. Comme on a des influenceurs qui savent faire vivre le public, qui savent faire vivre les parties à tout le public, y compris ceux qui ne savent pas jouer.

Et bien, ça nous fait des spectacles magnifiques. Donc, effectivement, des influenceurs populaires et chaleureux qui jouent aux échecs avec des bons commentaires, ça fait un spectacle que tout le monde a envie de regarder. Bon, là, on l’entend.

Il y a des bruits d’éclairs. Ça nous dit un petit peu quelque chose de la mise en scène quand l’image l’accompagne. C’est complètement accompagné, justement, d’effets en 3D avec un décor, etc.

Vous avez été surpris, vous, de voir les échecs arriver comme ça sur les réseaux sociaux et être pris en charge par des influenceurs. Inoxtag initialement, il joue à Fortnite, un jeu éminemment populaire pour les jeunes. Place aux échecs.

Oui, il y a une certaine surprise, effectivement, de voir tous ces grands ambassadeurs, finalement des super ambassadeurs pour les échecs, des énormes stars, c’est du pain béni, qui vont justement associer leur image aux échecs. Mais alors, c’est vrai qu’on a toujours ces valeurs fortes du sport, du sport populaire. Les échecs, c’est un sport populaire qui véhicule l’intelligence également.

Et donc, je pense que ça, ça leur plaît et je pense qu’en vrai, en réalité, ils jouent vraiment aux échecs parce que c’est leur gymnastique de l’esprit. Je prends les grands sportifs. Victor Wembanyama, par exemple, va pratiquer les échecs.

Les frères Lebrun aussi vont faire des parties d’échecs entre des points de ping-pong, entre du cardio, parce que c’est une gymnastique mentale qui leur paraît importante pour perfer dans leur sport. On comprend que ces grands sportifs, que ces joueurs de jeux vidéo aient envie d’approcher les échecs, de les comprendre, voire de performer, comme vous dites. Mais est-ce que c’est simple de les mettre en scène comme ça ? On peut ressentir autant d’émotion en regardant une partie d’échecs qu’un match de basket de Victor Wembanyama ? C’est moins accessible au premier abord.

Mais maintenant, ce qui est important, c’est d’avoir un match équilibré. Donc là, quand on a des influenceurs et des stars, ce n’est pas des joueurs professionnels d’échecs. Donc, on va faire un casting pour que les niveaux soient à peu près équilibrés, que les parties soient équilibrées.

Et après, tout se joue dans le talent du commentateur. Oui, c’est ce que vous disiez. C’est exactement ça.

C’est-à-dire qu’on va voir, il y aura des fautes de part et d’autre. Tout peut arriver et donc, on va vibrer sur les coups de ces parties-là auxquelles chacun peut s’identifier parce que les coups sont quand même avec pas mal d’erreurs. Donc, c’est plutôt sympa.

Tout réside donc dans l’art du commentateur et parfois aussi dans l’art du concept.

Je sais que, notamment, Julien Son fait des grandes divergences sur les règles des échecs. Il va essayer des variantes, essayer des choses amusantes pour capter une certaine nouvelle audience ou une audience. Donc, nous, on se prête au jeu.

C’est-à-dire que les échecs sont un sport millénaire. Les règles n’ont pas changé depuis plus de 1500 ans maintenant. Donc, c’est ancré et fixé.

Il y a un certain conservatisme dans le jeu des échecs. Oui, il n’y a qu’une seule version des échecs qui est celle où il y a les championnats du monde, qui est celle historique. Maintenant, si pour amener les gens à découvrir les échecs et découvrir toutes les vertus que ça va leur apporter, on peut passer par qui est le traître, ça me va très bien.

Et vous les accompagnez, vous, ces créateurs de contenu ? Vous échangez avec eux, vous leur donnez des conseils ? On échange avec eux parce que, nous, la Fédération Française des Échecs, ce qu’on veut, c’est que les gens aillent au club d’échecs. Parce que là, on découvre une vie sociale, on découvre des échanges avec d’autres personnes. On sort de la maison.

C’est le principe d’une fédération, de faire venir dans ces clubs ?

En fait, c’est vraiment le principe des vertus sociales de la pratique sportive. Donc, c’est là-dessus qu’on est à fond.

On n’est pas sur la performance, on est vraiment sur aller à la rencontre des autres, trouver des nouveaux cercles d’amis. Et on pense que ça, c’est bien. Donc, maintenant, les influenceurs, eux, ils ont leur logique à eux.

Et donc, ce qu’on essaie de voir avec eux, c’est qu’ils fassent la promotion des clubs et de l’expérience club. Des clubs qu’ils montent parfois même ? Julien Song, par exemple, ça, ça vous fait de la pub ? Oui, bien sûr. Bien sûr, bien sûr.

Mais c’est vraiment l’idée. L’idée, c’est que jouer en ligne à la maison ou regarder des streams, c’est une activité intéressante. C’est une porte d’entrée.

Mais aller en club, c’est vraiment exceptionnel

Donc, c’est vraiment ça qu’on essaie de voir avec les influenceurs. Et on va essayer de remonter un petit peu à l’origine de cette dynamique.

La chasse au roi est le jeu favori des joueurs offensifs. Cette chronique de Bertrand Guyard tente de percer quelques-uns des secrets des maîtres de l'initiative.

Des hommes vont venir, ils voudront t’apprendre des choses. Or, ça ne les rend pas plus intelligents. Alors, laisse-les parler et continue à faire exactement comme tu l’entends.

Un jour, tu verras, tu seras seule. Tu dois donc apprendre à te protéger et à prendre soin de toi. Le jeu de la dame, série diffusée sur Netflix 2020, Anya Taylor-Joy dans le rôle d’une prodige des échecs qui tente de devenir championne du monde.

On est dans les années 50-60, au moment où c’est, vous le disiez justement, un enjeu géopolitique majeur. Entre 2020, année du jeu de la dame, année du Covid, et aujourd’hui, on est passé de 40 000, je crois, à 80 000 licenciés chez vous, à la fédération, fois deux. Comment vous l’expliquez ? Comment est-ce que les échecs ont explosé sur un laps de temps aussi serré ? Il y a plusieurs facteurs.

Mais alors, l’alignement de planètes extrêmement spectaculaire, c’est le confinement. Tout le monde est bloqué à la maison. Il n’y a plus de sport à la télé, il n’y a plus de compétition, il n’y a plus grand-chose à faire.

Et il y a la série Netflix. Elle a vraiment joué cette série ? Vous l’avez sentie ? Ce n’est pas anecdotique ? Non, pas du tout. C’est vraiment très, très puissant puisque tout le monde a les échecs dans un coin de sa tête.

Tout le monde s’est dit un jour, un jour, je me mettrai aux échecs. On sait tous plus ou moins jouer. On ne connaît pas forcément les subtilités, mais on s’est fait expliquer, on a vu quelqu’un y jouer.

Et là, on se retrouve confiné à la maison. Il n’y a plus rien à regarder à la télé, il n’y a plus de sport, il n’y a plus rien. On voit la série Netflix qui est très enthousiasmante, qui met bien les échecs en avant.

C’est évidemment romanesque, c’est du Netflix. Il n’y a pas besoin pour le coup d’être expert des échecs pour la regarder. Tout à fait.

Et là, ceux franchissent le cap, puisqu’il y a encore des compétitions d’échecs, puisque ça se joue très bien en ligne. Donc, on voit Magnus Carlsen, Hikaru Nakamura, les grands champions du monde qui font leur compétition commentée par des streamers et des créateurs de contenu extrêmement talentueux. Donc, on a ça.

On a en même temps la possibilité de jouer en ligne en un clic. On joue à un adversaire de notre niveau et on a toujours voulu se mettre aux échecs. Donc, au final, il y a eu cet alignement de planète qui a permis de faire le fois deux.

Donc, on est passé de 50 000 à 100 000 licenciés en l’espace de cinq ans, ce qui est complètement prodigieux et complètement inattendu. J’ai commencé les échecs il y a deux ans, quand j’ai regardé la série Le jeu de la dame. Il y a la stratégie, des tactiques, tout et tout.

Du coup, il faut réfléchir et ça m’aide à me concentrer. Ce n’est pas un jeu que je trouve fade. C’est tout le temps de nouvelles idées, de nouvelles positions, de nouveaux adversaires.

Il y a du stress. J’aimerais bien m’améliorer encore parce que ça n’est pas longtemps que je joue, que j’ai encore une marge. Bah oui, les interviews dans les compétitions d’échecs, ça se fait en chuchotant.

Vous avez donc multiplié par deux le nombre de vos adhérents. Est ce que leur profil a évolué? Qui sont les personnes qui rejoignent votre fédération aujourd’hui? Traditionnellement, on a deux tiers des licenciés qui ont moins de 20 ans. Donc, c’est vraiment beaucoup, beaucoup de jeunes.

Traditionnellement, depuis, c’est un sport de jeunes. Vraiment, jusqu’à jusqu’à 12, 13 ans, on a une grande, grande majorité de licenciés. Ils sont passionnés, ils viennent au club, ils jouent.

Il y a tous les championnats de France, les championnats départementaux, puis régionaux. La fédération est extrêmement structurée dans ses compétitions pour les petits. Beaucoup d’animateurs talentueux dans des clubs très accueillants.

Donc, il y a un vrai écosystème pour les petits. Et là où ça va changer maintenant, on a beaucoup plus. Ce qui est très difficile dans le sport de 25-40.

Donc, des jeunes adultes ou des adultes. Ce sont eux qui ont rempli les cohortes après le Covid? Oui, tout à fait. C’est cette population là qui est arrivée de façon inattendue parce que parce qu’on n’en avait pas beaucoup.

On avait des anciens, beaucoup d’anciens, beaucoup de petits. Et au moment des études, au moment du bac, en général, on les perd un peu comme dans tous les autres sports et ils ne reviennent pas. Sauf que là, soudainement, ils sont revenus.

Et donc, dans les clubs, ça fait une ambiance qui est complètement différente avec une catégorie d’âge qui est tout à fait fascinant. Et au-delà de l’âge, on a un profil social, géographique. C’est un sport des villes, un sport des champs.

C’est à l’image de la France, complètement divers et diversifié. Il y a vraiment tout le monde peut jouer aux échecs et tout le monde joue aux échecs. Tout le monde, vraiment? Je me suis inscrite à un tournoi d’échecs dans un mois et je ne sais pas jouer aux échecs.

Tout le monde joue aux échecs
Tout le monde joue aux échecs

Salut, moi, c’est Alice, mais je me suis déjà présentée. Et ma vie, c’est des quêtes secondaires. Si t’es pas au courant, je considère qu’on est tous des sims.

C’est qu’on peut tous acquérir de nouveaux skills. Il y a six mois, je ne savais pas courir. Et là, bon, je ne sais pas si je sais courir, mais en tout cas, j’ai un semi-marathon dans un an.

Et là, en ce moment, ma vie, c’est un peu un speedrun. Ce compte, vous pouvez le considérer un peu comme un crash test. Genre, je tourne des trucs.

Peut-être que je vais me foirer, mais au moins, j’essaie. En fait, je me suis trop de fois entendue de me dire qu’il faudrait que je le fasse. Genre, il faudrait que je fasse ça, il faudrait que j’apprenne ça.

Au lieu de vraiment faire quelque chose. Le meilleur conseil qu’on a pu me donner, c’est de commencer par s’y fixer un objectif, même s’il te semble hors d’atteinte. Prendre un dossard, s’inscrire à un tournoi, te forcer à commencer parce que tu n’as pas envie d’avoir l’air correct.

Ça parle très vite, mais ça parle d’échecs. Je ne sais pas si vous l’avez reconnu, c’est Alice Brun, une créatrice de contenu qui tente de se lancer dans les échecs. Une créatrice, une joueuse.

Elles ne sont pas si nombreuses, les femmes à jouer aux échecs. Non, effectivement, les échecs sont dans l’inconscient collectif et dans la réalité, un sport de garçons. Alors ça, c’est complètement invraisemblable puisqu’il n’y a rien de plus faux.

Mais néanmoins, ça crée une sorte de cercle vicieux. Quand on va pratiquer en club, il y a beaucoup de garçons, donc ça intimide un peu les gens. On les voit, les vidéos de clubs d’échecs, mais même simplement de parties dans des bars.

C’est rare qu’on voit une femme. Ça arrive de plus en plus souvent. Quand même.

Et il y a une dynamique à créer. C’est-à-dire qu’une fois qu’il y aura un groupe de jeunes filles dans les clubs ou de femmes dans les cafés et les bars, eh bien, elles vont se retrouver, elles vont se sentir plus dans un espace qui leur est agréable et accessible. Et ça va se lancer.

Mais voilà, il y a une impulsion à faire. On part de loin parce que traditionnellement, il n’y a eu pendant très longtemps que des garçons qui jouaient. Et donc, pour accueillir les femmes qui ont toute leur place dans les clubs, il faut que ça se mette en place.

Comment vous faites, vous, pour créer cette dynamique ? Eh bien, on fait des formations de dirigeantes pour qu’il y ait déjà un accueil féminin dans la plupart des clubs. C’est-à-dire que c’est vrai que c’est intimidant quand il n’y a qu’un président homme, un entraîneur homme et que des jeunes garçons qui s’entraînent. Difficile pour une jeune fille de se dire « j’ai ma place ». Exactement.

Alors que si c’est une entraîneur femme, présidente de club et qui a déjà un groupe de filles, là, il n’y a aucun problème et tout va bien se passer et ça va être génial. On va être dans une mixité complète et une égalité garçon-fille, puisque chez les jeunes aux échecs, il y a peu de différence de niveau entre les garçons et les filles dans les âges petits. Il y a donc l’idée de se mettre tôt aux échecs et d’atteindre les plus hauts niveaux.

Peut-être avez-vous vu passer l’histoire de cet Indien classé aux échecs à l’âge de 3 ans où cette jeune Anglaise qui bat un grand maître international à 10 ans. Jamais une jeune femme de cet âge-là avait battu un grand maître international. C’est possible de commencer les échecs à 20, 30, 40, 50 ans et de devenir grand maître.

On a un peu l’impression que c’est un sport de petits génies quand même. À ma connaissance, il y a très, très peu de personnes qui commencent les échecs après 15 ans et qui deviennent grands maîtres. Bon, comme ça, c’est plié, mais on peut quand même s’amuser.

Mais, comment ça se fait ? Juste d’un mot pour rester là-dessus. Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas devenir maître après 15 ans ? Alors déjà, il y a le volume de travail nécessaire.

Pour être maître, il faut à peu près 10 000 heures de travail

Donc, 10 000 heures, les trouver quand on a 5 ans, c’est assez facile. Quand on a 20 ans, qu’on est dans la vie active et qu’on a beaucoup d’autres choses à faire, c’est très compliqué. Et je pense aussi qu’on apprend quand même mieux petit et que le cerveau, effectivement, est moins apte.

La plasticité cérébrale permet d’intégrer les règles. Les grands joueurs, les grands maîtres, très, très fort, l’élite mondiale, mais ils calculent à une vitesse stratosphérique. C’est-à-dire qu’on a du mal à concevoir.

Quand vous dites qu’ils calculent, c’est qu’ils préparent les coups à l’avance ? C’est ça. En fait, ils voient des séquences de coups. Mais c’est-à-dire que moi, je ne peux pas les suivre.

Alors que je suis grand maître, je vois Magnus Carlsen ou Maxime Vachier-Lagrave ou Alireza Firouzja analyser. Ça va beaucoup trop vite pour moi. C’est-à-dire qu’ils calculent vraiment à une vitesse folle.

Et ça, je pense que quand on commence à 20 ans, on n’a aucune chance d’y arriver. Et alors, qu’est-ce qu’on peut faire quand on commence les échecs à 20, 30 ans ? Là, on se parle entre Noël et le Nouvel An. On a peut-être le temps de jouer un petit peu, de creuser les règles.

Par quoi ça passe ? Le plus important, c’est de s’amuser

Jamais les enfants n’ont autant passé de temps devant un écran. Selon plusieurs études récentes, les jeunes de 8 à 15 ans passent plus de trois heures par jour à jouer à des jeux vidéo. Si le jeu vidéo peut avoir des vertus (créativité, coordination, esprit d’équipe), la dépendance qu’il crée chez certains enfants inquiète de nombreux parents et enseignants. C'est pourquoi enseigner les échecs aux enfants peut être une alternative intéressante, car ce jeu développe la concentration et la stratégie.

Donc le plus important, le plus fondamental, c’est de trouver un adversaire ou des adversaires qui ont le même niveau que nous, avec qui on va échanger, partager, analyser, progresser ensemble. Et ça va créer une dynamique.

Donc on va travailler dans un groupe de joueurs d’échecs autour d’une passion commune. Et ça, c’est la magie du sport. Moi, c’est vraiment ça que j’aime, c’est faire des rencontres.

Ça va bien au-delà du bon coup aux échecs. Ça va, une hygiène de vie, on échange, on discute. On n’est pas devant l’écran, on n’est pas tout seul chez soi.

Et donc, ça va vers le partage. Et c’est ça, pour moi, la qualité première de tous les sports et des échecs. De passer des vidéos qu’on peut retrouver sur YouTube, ça ne suffit pas ? Non, je ne crois pas.

Je ne crois pas parce qu’on reste sédentaire devant un écran. Donc, c’est intéressant. On regarde un contenu intéressant, c’est bien.

Mais ça ne vaut pas la rencontre à l’extérieur. Mais même s’amuser en se rencontrant, c’est du travail. Enfin, il faut quand même potasser ses ouvertures, les coups, les façons de capturer le roi.

C’est un jeu qui demande du travail. Bien entendu. Et donc, évidemment, après, pour apprendre, on recommande toujours le multimodal.

Donc, il faut regarder des vidéos, il faut pratiquer, il faut jouer, il faut lire des livres. Il faut même écouter des podcasts, éventuellement. Donc, tout ce qui va être des moyens d’apprendre, de comprendre.

Et ça permet de travailler, de progresser. Il faut le faire avec les autres. Merci Éloi Relange, président de la Fédération française d’échecs et grand maître international.

L’article complet sur BFM

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