À seulement 12 ans, Marc Llari collectionne déjà les titres internationaux. Champion du monde des moins de 8 ans en 2022, double champion du monde de parties rapides et de blitz chez les moins de 11 ans en 2025, puis vainqueur de la Coupe du monde U12 en 2026, le jeune Français s’est imposé parmi les espoirs les plus remarquables des échecs. Son passage sur CNEWS, le 8 octobre 2026, a donné une nouvelle visibilité à ce parcours hors norme. Mais derrière les médailles, il y a aussi une histoire de découverte précoce, d’apprentissage et de passion. Découvrez Marc Llari, prodige des échecs : l’incroyable parcours d’un jeune joueur de 12 ans !
L’interview de Marc Llari sur CNews
Un échiquier découvert dès l’âge de 2 ans
Tout commence très tôt. Marc Llari découvre les échecs à l’âge de 2 ans, initié par son père. À cet âge, le jeu peut sembler bien abstrait : six types de pièces, des déplacements différents, des règles à assimiler et un objectif qui demande de se projeter dans l’avenir.
Pourtant, certains enfants se prennent très tôt au jeu. Ils observent les pièces, retiennent les mouvements et veulent comprendre pourquoi une partie est gagnée ou perdue. Chez Marc, cette découverte précoce va devenir le point de départ d’une progression exceptionnelle.
Il serait toutefois réducteur d’expliquer sa réussite par le seul fait d’avoir commencé jeune. Une initiation précoce peut offrir davantage de temps pour apprendre, mais elle ne garantit pas de devenir champion. Le parcours de Marc s’inscrit dans la durée, avec des compétitions, des expériences et une confrontation progressive à des adversaires de haut niveau.
Originaire de Pau, il joue alors au club de l’Échiquier Henri IV. Très vite, les tournois deviennent un terrain d’apprentissage essentiel : il ne s’agit plus seulement de connaître les règles, mais de choisir les bons coups, d’anticiper les réponses adverses et de gérer la pression.
2022 : champion du monde à 8 ans
Le premier grand tournant survient en septembre 2022, à Batoumi, en Géorgie. Marc Llari remporte le championnat du monde des moins de 8 ans avec 9,5 points sur 11, grâce à huit victoires et trois parties nulles, sans aucune défaite.
Cette performance le place parmi les jeunes talents à suivre du jeu d’échecs français. Gagner un championnat mondial de jeunes ne consiste pas simplement à battre des adversaires du même âge : il faut maintenir sa concentration sur plusieurs rondes, s’adapter à des styles de jeu différents et rebondir après une partie difficile.
Le résultat est d’autant plus marquant qu’il récompense une régularité remarquable. Marc ne s’impose pas sur un seul coup spectaculaire, mais sur l’ensemble d’un tournoi.
Ce titre constitue aussi un symbole pour les échecs français. La Fédération française des échecs souligne alors la performance de Marc et celle de David Lacan Rus, autre jeune Français titré lors de ces championnats du monde.
Des podiums européens et mondiaux qui confirment son potentiel
Un titre mondial peut être un exploit isolé. La difficulté consiste à confirmer ensuite son niveau face à de nouveaux adversaires, dans d’autres compétitions et à mesure que les catégories d’âge évoluent.
Marc poursuit sa progression. En 2023, il décroche la médaille d’argent au championnat d’Europe des moins de 10 ans. En 2024, il obtient également l’argent au championnat du monde des moins de 10 ans. Ces résultats témoignent d’une présence durable parmi les meilleurs joueurs de sa génération.
En 2025, il devient champion de France U12, avant de réaliser un doublé mondial dans deux disciplines différentes : les parties rapides et le blitz, chez les moins de 11 ans.
Ces deux formats exigent des qualités particulières. En cadence rapide, le joueur doit calculer efficacement tout en respectant un temps limité. En blitz, la rapidité de décision et la capacité à reconnaître des motifs tactiques deviennent encore plus déterminantes.
En décembre 2025, Marc remporte ses deux titres mondiaux en Turquie. Selon la Fédération française des échecs, il gagne toutes ses parties dans le tournoi de blitz. Il ne s’agit donc plus seulement d’un champion précoce : ses résultats se répètent dans des contextes compétitifs variés.
Juin 2026 : une nouvelle victoire mondiale chez les moins de 12 ans
Le parcours franchit une nouvelle étape à Batoumi, en Géorgie, lors de la Coupe du monde des jeunes organisée du 16 au 27 juin 2026.
Dans la catégorie des moins de 12 ans, Marc Llari remporte la médaille d’or. Il termine invaincu avec 9 points, après avoir remporté sept parties. Ses deux dernières victoires lui permettent de conclure le tournoi sur une note particulièrement forte.
Ce succès est remarquable à plusieurs titres. D’abord, Marc évolue désormais dans une catégorie d’âge supérieure à celle de ses premiers exploits. Ensuite, la Coupe du monde réunit des joueurs de premier plan : chaque partie exige préparation, adaptation et maîtrise de soi.
Enfin, Batoumi est une ville particulière dans son histoire sportive. C’est là qu’il avait déjà été sacré champion du monde U8 en 2022.
La Fédération française des échecs indique que cette victoire lui permet de se qualifier pour les championnats du monde jeunes U12 prévus en novembre 2026. Au moment de son passage télévisé en octobre, ce nouveau rendez-vous constitue donc une prochaine échéance importante.
Un Maître FIDE à seulement 12 ans
Les titres remportés par Marc Llari ne sont pas ses seuls indicateurs de progression. Il possède également le titre de Maître FIDE, délivré par la Fédération internationale des échecs.
Dans le système des titres internationaux, le Maître FIDE se situe en dessous du Maître international et du Grand Maître international. Ce dernier représente l’un des titres les plus élevés du jeu, obtenu selon des critères sportifs exigeants.
Marc affiche par ailleurs un classement Elo classique d’environ 2 360 points à l’automne 2026, selon les données de classement disponibles. Ce chiffre évolue au fil des compétitions : il constitue une photographie de son niveau de jeu à une date donnée, et non une mesure définitive de son potentiel.
L’ambition de devenir Grand Maître, évoquée dans les médias, ouvre une perspective enthousiasmante. Mais le chemin reste long : il faut continuer à progresser, affronter des joueurs toujours plus forts et réaliser des performances de haut niveau dans des tournois internationaux.
Le talent est une base. La suite dépendra aussi du travail, des choix d’entraînement, de l’expérience acquise et de la capacité à poursuivre sa progression dans la durée.
Dans les médias : un jeune joueur qui explique sa passion

Le 8 octobre 2026, Marc Llari intervient sur CNEWS dans une séquence consacrée à son parcours. Le titre de l’article de la chaîne reprend cette formule : « J’ai commencé à 2 ans ».
La couverture médiatique contribue à faire connaître les échecs à un public qui ne suit pas nécessairement les compétitions. Elle attire l’attention sur une discipline où l’on peut commencer très jeune, apprendre à réfléchir autrement et progresser à tout âge.
Dans un entretien accordé à Europe 1 le même jour, Marc évoque notamment la visualisation des positions, sa mémoire des parties célèbres et une partie particulièrement longue, qui aurait duré six heures. Ces éléments donnent un aperçu des exigences du jeu de compétition : il faut pouvoir rester concentré, conserver une position en mémoire et réfléchir longtemps sans perdre le fil de la partie.
Les échecs ne se résument donc pas à déplacer des pièces sur un plateau. Ils mobilisent la mémoire, l’analyse, l’imagination et la prise de décision. Pour autant, il ne faut pas en déduire que tous les joueurs développeront les mêmes aptitudes ni que la pratique garantit automatiquement de meilleures performances scolaires. L’intérêt du jeu réside aussi dans l’expérience concrète qu’il propose : chercher, essayer, se tromper, comprendre et recommencer.
Que nous apprend le parcours de Marc Llari ?
L’histoire de Marc peut inspirer les joueurs débutants, les parents et les clubs. Elle invite surtout à distinguer plusieurs facteurs qui se complètent.
1. La passion donne envie de continuer
Un enfant qui aime jouer revient naturellement vers l’échiquier. Cette motivation est précieuse, car l’apprentissage demande du temps. Il faut découvrir les règles, comprendre les principes tactiques, apprendre les finales et accepter de perdre des parties.
L’exemple de Marc rappelle que la progression peut commencer par une simple curiosité. Avant les médailles, il y a la rencontre avec un jeu et le plaisir de vouloir en savoir davantage.
2. Le talent ne dispense pas du travail
Les aptitudes individuelles jouent un rôle dans les performances sportives, mais elles ne suffisent pas à expliquer une carrière. Les résultats de Marc s’inscrivent dans plusieurs années de compétition.
Pour progresser, un joueur doit analyser ses erreurs, revoir ses parties, étudier des positions et apprendre à prendre des décisions sous contrainte de temps. Le travail ne consiste pas nécessairement à passer toutes ses journées devant un échiquier : il s’agit aussi de pratiquer régulièrement et intelligemment.
3. La compétition apprend à gérer l’incertitude
Aux échecs, aucun joueur ne connaît à l’avance la suite de la partie. Même une position favorable peut devenir difficile après une erreur. À l’inverse, une position compromise peut parfois être sauvée grâce à une défense précise.
Cette incertitude constitue l’un des intérêts pédagogiques du jeu. Elle invite à ne pas confondre une erreur avec un échec définitif, à examiner les options disponibles et à ajuster sa stratégie.
4. L’entourage peut accompagner la progression
La découverte des échecs par l’intermédiaire de son père fait partie de l’histoire de Marc. Les clubs, les entraîneurs, les partenaires de jeu et les familles peuvent ensuite contribuer à l’apprentissage d’un jeune compétiteur.
Le rôle des adultes n’est pas de transformer chaque partie en examen. Il consiste plutôt à offrir des occasions de jouer, à encourager l’effort, à aider l’enfant à relativiser les défaites et à respecter son rythme.
Chaque jeune joueur doit pouvoir conserver le plaisir de jouer. Le parcours exceptionnel de Marc ne doit pas devenir une norme imposée à tous les enfants.
Comment s’inspirer de Marc Llari quand on débute aux échecs ?
Il n’est pas nécessaire de viser un titre mondial pour tirer profit du jeu. Pour un enfant ou un adulte débutant, quelques habitudes simples permettent déjà de progresser.
- Apprendre les règles et les mats élémentaires. Comprendre le déplacement des pièces et les finales de base permet de jouer avec davantage de confiance.
- Résoudre quelques exercices tactiques régulièrement. Les fourchettes, les clouages, les attaques à la découverte et les mats en un ou deux coups aident à reconnaître des motifs récurrents.
- Revoir ses parties. Après une défaite, chercher le moment où la position a changé est souvent plus utile que de simplement passer à la partie suivante.
- Jouer à une cadence adaptée. Les parties trop rapides peuvent empêcher un débutant de réfléchir. Prendre son temps permet de mieux comprendre ses décisions.
- Garder le plaisir au centre de la pratique. Jouer avec des amis, participer à un club ou découvrir les parties de grands champions peut entretenir la motivation.
Pour les parents, l’essentiel est d’encourager la curiosité sans exiger des résultats exceptionnels. Tous les enfants n’ont ni les mêmes envies ni les mêmes objectifs. Certains voudront faire de la compétition ; d’autres préféreront jouer occasionnellement, résoudre des problèmes ou partager une partie en famille. Toutes ces formes de pratique ont leur place.
Marc Llari, un parcours à suivre
À 12 ans, Marc Llari a déjà construit un palmarès remarquable : champion du monde U8 en 2022, médaillé européen et mondial en catégories jeunes, double champion du monde U11 en parties rapides et en blitz en 2025, puis vainqueur de la Coupe du monde U12 en 2026.
Ces résultats sont impressionnants, mais son histoire ne se résume pas à ses médailles. Elle montre ce qu’une passion précoce, un apprentissage poursuivi dans le temps et l’expérience de la compétition peuvent permettre d’accomplir.
Son avenir sportif reste à écrire. La perspective du titre de Grand Maître suscite naturellement l’intérêt, mais la meilleure manière de suivre son parcours est de regarder comment il continuera à apprendre, à affronter de nouveaux défis et à progresser.
Pour les lecteurs d’Échecs & Stratégie, son exemple peut être un point de départ : et si l’on profitait de cette histoire pour jouer sa propre première partie, résoudre un exercice ou faire découvrir les échecs à un enfant ? Il n’est pas nécessaire de devenir un prodige pour apprécier la richesse de ce jeu.
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